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samedi 10 décembre 2011

Situation sociopolitique au Mali / La rue gronde





Le dénominateur commun dans la gestion des grandes questions de la nation dans notre pays semble se résumer au recours à la rue comme moyen d’expressions et d’actions. Dans la capitale et dans d’autres localités maliennes, des mouvements de revendications politiques ou sociales, ou des communautés sont plus enclins à recourir à la rue pour se faire entendre. En effet, la désaffection des institutions par les populations a abouti au bout du compte au recours à la rue.  
Au cours des deux dernières années, le traitement de la plupart des grandes questions de la Nation a été marqué par le recours à la rue par les personnes ou les groupes intéressés. Ce fut le cas pour l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm), suite à des troubles qui ont émaillé la célébration de la fête du travail. Par ailleurs, plusieurs marches de protestation ont été organisées à Bamako par des couches socioprofessionnelles pour marquer leur refus de l’Assurance maladie obligatoire (Amo). Et ce n’est que par ce moyen qu’elles ont été entendues.
Aussi, des dossiers comme ceux de la corruption et la délinquance financière des deniers publics, le chômage au Mali, le foncier dans le district de Bamako, les reformes constitutionnelles, et même la gestion du football malien, ont provoqué des soulèvements populaires, parce qu’il s’agit partout de mal gouvernance refusée par les populations. Faute d’interlocuteurs crédibles, elles ont recours à la rue. Certes, expressions de grandes libertés publiques, consenties par les pouvoirs publics, mais l’immobilisme qui caractérise les dossiers au point que rien ne bouge sans l’expression démocratique de la rue, cela traduit un malaise grave de l’Etat, une insuffisance qui peut déboucher soit dans une faiblesse institutionnelle grave ou dans l’autre extrême : l’autoritarisme.    
Une autre grande question nationale est sans doute la crise sécuritaire qui touche principalement le nord de notre pays et qui se caractérise par la présence d’Aqmi sur le territoire malien, la circulation des armes et de la drogue, mais aussi des prises d’otages pour les revendre à leur pays d’origine générant d’énormes richesses pour le financement de futures actions terroristes. Ce commerce florissant et inhumain a libre cours sur notre territoire, souvent facilité par des gouvernants qui y participent et même concèdent souvent à la libération de salafistes prisonniers. La revendication de l’indépendance de la République de l’Azawad, évoquée par des touaregs de Kidal et Ménaka, qui ont également marché pour l’exprimer, ne s’explique que par une absence d’autorité institutionnelle.                         
Si la rue devient le moyen d’action le plus porteur, presqu’une mode, c’est parce qu’on est face à des institutions inaptes à régler convenablement les problèmes de leurs administrés. Cette situation qui traduit un symptôme grave dénote également du dysfonctionnement ou de l’échec des canaux institutionnels de règlement des problèmes posés. Les Maliens décident simplement de mettre à l’écart des institutions qui n’existent que pour eux. De deux choses l’une, ou ces institutions sont mal adaptées, ou elles sont animées par des hommes qui ne sont pas à hauteur de mission et donc ne peuvent pas jouer le rôle qui est le leur. Alors, c’est la voie ouverte à la rue, et peut-être aux aventures.                                                                                                            
B. Daou

Le Républicain, est seul responsable du contenu de cet article

jeudi 17 novembre 2011

mardi 22 mars 2011

"Attaque d’un camp militaire dans le nord du Mali : au moins 10 arrestations"

"BAMAKO (AFP)

Au moins dix suspects ont été arrêtés au Mali après l’attaque, tôt mardi matin, d’un camp militaire dans la région de Gao (nord), qui n’a pas fait de victimes et a été attribuée à des miliciens peuls tentant de faire libérer leur chef.

Les assaillants, "un petit groupe" d’hommes en possession d’"armes automatiques", ont ciblé mardi vers 04H00 (locales et GMT) le camp militaire de Ouatagouna (170 km au sud de Gao), proche de la frontière nigérienne, selon des sources sécuritaires, militaires, humanitaire et des habitants de la localité joints par l’AFP.Aucun n’a évoqué de mort ou de blessé lors des échanges de tirs avec l’armée.

"On ne déplore aucune perte en vie humaine de part et d’autre", a assuré le gouvernement dans un communiqué diffusé mardi soir.

D’après les différentes sources, les assaillants appartiennent à une milice dont le chef a été identifié par le gouvernement comme "Aliou Amadou Diallo dit Sadjo".

Sadjo Diallo a été interpellé par des hommes du camp de Ouatagouna "lors d’une recherche d’une bande de voleurs opérant dans le Gourma (nord)", et mardi matin, "les autres éléments de la bande ont tenté de libérer leur chef en s’attaquant au poste de sécurité" de la localité, explique le communiqué officiel.

L’armée a riposté mais certains des assaillants ont pu s’enfuir.

"La mission de poursuite engagée a pu appréhender dix suspects", ajoute le texte gouvernemental.

Jointe mardi soir dans le Nord après la diffusion du communiqué, une source militaire a indiqué que cinq autres suspects de l’attaque ont été arrêtés, portant à quinze le nombre total des arrestations.

Selon des sources sécuritaires basées dans la région, Sadjo Diallo a été "arrêté pour +détention illégale d’arme de guerre+ il y a quelques jours".Il a été transféré lundi à Gao.

"Il a été déféré devant la justice", qui l’a inculpé mardi après-midi d’"+association de malfaiteurs armés+, il risque au moins dix ans de prison", a affirmé une source judiciaire.

Plus tôt mardi, des sources sécuritaires avaient raconté à l’AFP que les assaillants avaient tiré à partir de maisons avoisinant le camp de Ouatagouna.

"Nous avons repoussé" les assaillants, "c’était difficile de les déloger, parce qu’ils tiraient à partir de maisons situées dans les alentours" de la base de Ouatagouna, en "prenant pour boucliers humains des civils" et empêchant l’armée de riposter, avait expliqué une des sources.

"Il y a eu beaucoup de coups de feu.Des assaillants tiraient sur le camp militaire à partir de maisons", avait aussi témoigné un habitant de Ouatagouna.

D’après des habitants, les assaillants ont fui en direction du fleuve Niger.Le nord du Mali est le théâtre depuis plusieurs années de violences d’origines diverses liées notamment à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et à des rébellions touareg.
"http://www.africa1.com/spip.php?article9493